11.10.2011
Une militante du CAHL 94 témoigne...
Traitement de la pauvreté, de la précarité au XVII et XVIII siècle
Création des hôpitaux généraux
Très rapidement la population enfermée dans les établissements parisiens atteint le seuil de 6.000 personnes, soit 1% de la population de l'époque. Les provinces furent également gagnées par ce mouvement de réaction à la misère et, à la veille de la Révolution, on comptait 32 hôpitaux généraux dans tout le pays
Pauvreté-article wikipédia encyclopédie en ligne - source internet
Le téléphone de la permanence sonne, je le savais cela risquait d'arriver et d'ailleurs j'étais stressée qu'il ne sonne pas, si je manquais un appel, quelle responsabilité ?
J'ai conscience qu'au bout de la ligne, une personne, une famille compte sur moi sur le CAHL 94 et met en notre intervention tous les espoirs souvent perdus au fil des derniers jours, des dernières heures...
Je veux être à la hauteur et surtout, je souhaite ne pas l'avoir à l'ouvrir cette tente car elle marque l'échec, l'impuissance.
Un éducateur au bout du fil qui ne sait plus quoi faire depuis plusieurs nuit une famille tchétchène n'a plus de solution alors que jusqu'ici elle avait été hébergée sur le val de Marne et que même les plus grands des enfants y étaient scolarisés depuis 2 ans et demi. Les enfants ont fait leur rentrée et la réalité de leur précarité leur revient en pleine figure, plus de possibilité de poursuivre l'accueil, plus de possibilité pour les enfants d'aller à l'école.
Le terrible circuit de la mise à l'abri devrait se mettre en place, résignée, mieux que rien et puis voilà l'administratif, cette domiciliation sur Paris, cette réalité de vie quotidienne sur le Val-de-Marne et les bagarres commencent, les deux 115 se renvoient l'obligation de la prise en charge. Chacun ses pauvres, chaque territoire devant sans prévaloir et pourvoir à leur besoin, terrible idée pour une nation indivisible vous avez dit...
Estampillés Parisiens, rien à faire le Val-de-Marne ne prendra pas en charge. La famille ne comprend pas, elle effectue les allers retours dans une résignation stupéfiante.
L'appel au CAHL 94 nourrit l'espoir de dormir au chaud ce soir, la nuit d'avant la famille avait due s'installer dans un parc...
Alors la famille rejoint les militants, un appel au 115 Val de Marne, transfert sur Paris voilà ça recommence ! La famille est fatiguée mais nous remercie d'être là et pourtant…
23h30, le Samu Social du Val-de-Marne laisse tomber, d'ailleurs il raccroche, comme ça c'est réglé !
Paris cherche et cherche encore une possible mise à l’abri… Verdict : pas de place, pas d'hôtel.
Peut être faudrait-il mieux que la famille se rende à l'hôpital il fait plus chaud au moins...
On échange avec eux : une tente avec nous, on ne les laissera pas seuls ou les conduire dans un hôpital Parisien où ils pourront se reposer.
Fatigués ils préfèrent se rendre à l'hôpital, nous les accompagnons avec pour moi ce sentiment de révolte !
Cette insatisfaction et cette question : qu'en sera t-il demain pour cette famille ?
21:45 Publié dans Actu du mouvement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Pour éviter de tomber dans le larmoyant comme ci-dessus, posons-nous les bonnes questions !!! Qu'elle politique la France met-elle en oeuvre pour les migrants ? Réponse : Politique du découragement !!!! Les usagers sont renvoyés sur des services d'urgence type 115 qui n'ont pas la réponse à toute la misère du monde !!! Pour la sectorisation, il semble important de là respecter pour éviter de ballader les usagers. On voit bien dans cette situation que par manque de moyens le 115 de Paris renvoit la responsabilité sur un autre département qui a encore moins de moyens. J'ai moi même travaillé au 115 de Paris, c'est une consigne systématique (par défault) de renvoyer les usagers quand il y a une once d'attache territoriale sur un autre département. Sauf que la règle est l'attache administrative qui permet aux usagers de bénéficier des aides, suivi social... Cette pratique est bien connue des 115 francilien qui n'accepte pas ce jeu de dupe qui met en difficulté plus encore les usagers. Cette consigne est due toujours à un manque de moyens pour les prises en charge qui en deviennent maltraitantes. La véritable question est de savoir si en tant que travailleurs sociaux nous cautionnons que l'état français laisse des personnes en situations irrégulières sur le territoire français, sans ressource, sans logement , sans emploi, avec pour seul interlocuteur les services d'urgence qui le plus souvent ont effectuées des prises en charge sur plusieurs années, l'urgence sociale doit-elle être eternelle ? Doit-on continuer à cautionner que les 115 sont un cache misère qui finalement convient à tout le monde tant que les usagers ne sont pas visibles.
J'ai assisté à plusieurs reprises à des réunions avec les 8 responsables des 115 franciliens qui dénoncent cette situation depuis de nombreuses années, mais personne ne semble prendre la mesure de cet état de fait, on préfère pointer les dysfonctionnements sans en chercher les causes profondes et surtout sans travailler des solutions alternatives à l'urgence.
Serrons nous les coudes pour lutter contre ses politiques qui mettent à mal les personnes en difficulté ainsi que les services qui les accueillent au quotidien, mais par pitié arrêtons de pointer systématiquement les dysfonctionnements des institutions qui sont la résultante immédiate de la politique sociale en France. Ce constat est déjà fait depuis de nombreuses années (il s'aggrave) mais à part râler sur les opérateurs (ce qui soulage notre colère) nous ne savons pas nous organiser pour créer un front unique. C'est mon grand regret à ce jour... Je n'ai pas d'idée lumineuse à proposer mais j'espère qu'ensemble nous pouvons créer un mouvement crédible face aux politiques.
Merci pour vos actions et votre engagement.
Écrit par : karine | 12.10.2011
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