La revue de presse

l'Humanité mercredi 4 janvier

 

Pour l'UMP, la rue plutôt que le camping

 

Adoptée en première lecture à l'Assemblée, une proposition de loi sur l'habitat léger de loisir renforce l'interdiction de vivre en camping à l'année. Sans proposer de relogement.

Retraités, étudiants, jeunes couples ou quinquas esseulés, ils seraient entre 70 000 et 120 000 à séjourner au camping à plein temps. Leur point commun : l'aridité de leur compte en banque, si toutefois ils en ont un. Si le camping à l'année présente certains atouts - convivialité, proximité de la nature, peu de ménage, pas d'escaliers -, il est surtout adopté pour son faible coût, la parcelle revenant au minimum deux fois moins cher qu'un studio. Certains de ces habitants précaires s'épargnent ainsi quelques fraîches nuits sous les ponts. Évidemment, tous n'ont pas les moyens de se payer un mobil-home cinq étoiles, et le plus clair du temps, le confort est loin d'être optimal. Problèmes d'isolation, chauffage et sanitaires inadaptés pèsent chaque jour un peu plus sur la santé de ces campeurs hivernaux. Pour Jean-Louis Léonard, député UMP de Charente-Maritime et initiateur de la proposition de loi sur l'habitat léger de loisir, ce mode de vie s'apparente fort à celui des bidonvilles, et doit donc être éradiqué. Un objectif louable... du moins en apparence.

La proposition de loi prévoit de renforcer les pouvoirs d'inspection et de contrôle du maire sur les campings privés de sa commune. Ce dernier pourrait désormais saisir la justice en cas de pratiques illégales et moduler la taxe de séjour en fonction de l'usage des emplacements. Tous les trois mois, le résident « long séjour » devra, quant à lui, attester d'une autre résidence principale au propriétaire du terrain. D'après Jean-Louis Léonard, « les campings doivent être tournés vers le tourisme » et leurs directeurs ne sont pas là pour « exploiter la misère humaine ».

« Ni pour faire du social », rétorquent, outrées, les défenseurs du droit au logement. « Ils vont les mettre où ces gens ? » interroge Clément David, de l'association Habitants de logements éphémères ou mobiles (Halem). Pas de logements sociaux à l'horizon pour les plus pauvres. Pas plus de terrains familiaux pour ceux qui veulent continuer à habiter en pleine nature. « Ce qui est en jeu, au-delà de la plus-value immobilière d'un territoire, c'est la question du contrôle des populations », conclut Paul Lacoste, lui aussi administrateur d'Halem. Ce projet, adopté à l'unanimité par l'Assemblée, doit désormais être examiné par le Sénat en février.

Flora Beillouin

 

(source : Cour des comptes)

 

l'Humanité mardi 27 décembre 

 

À Noël, le gouvernement ne fait pas de cadeaux aux mal-logés

 

Le secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, a balayé la proposition de bloquer et d'encadrer les loyers, en réponse au rassemblement de la veille devant son ministère.

Une centaine de sans-abri ont fait leur « petit Noël » devant le ministère du Logement. Sa plaque dorée a fait office de sapin, dimanche, pour les dizaines de mères de famille qui ont répondu à l'appel de Droit au logement pour exhorter l'État à respecter la loi Dalo et lancer un plan de réquisition de logements vacants.

On savait que Benoist Apparu n'avait rien du père Noël. Le secrétaire d'État au Logement a tout de même cru bon de rappeler aux 3,6 millions de mal-logés, hier, sur France 2, qu'il ne leur ferait aucun cadeau. Les réquisitions, il « n'y croit pas parce que le droit de propriété, ça veut dire quelque chose en France, c'est un droit qui est reconnu sur le plan constitutionnel ». Et qu'importe si, au même moment, un autre droit constitutionnel, celui de faire grève, était foulé au pied par ses congénères du gouvernement... Qu'importe aussi que l'État ne respecte toujours pas le droit au logement opposable reconnu à 30 000 familles et toujours en attente d'un toit.

« Bloquer les loyers, ça n'a aucun sens », a ajouté l'insatiable sous-ministre, car cela pousserait « les propriétaires à retirer leurs logements du marché » (sic). Seule solution, selon lui : bâtir. « En 2011, on devrait passer la barre des 400 000 logements construits », a noté le sous-ministre. Un satisfecit semblable à celui de Nicolas Sarkozy, vendredi, répétant que « l'État construit trois fois plus de logements sociaux qu'il y a dix ans ». Sauf que ces chiffres « sont un leurre et ne tiennent pas compte de l'importance des démolitions mises en oeuvre dans le parc HLM par le gouvernement », a opposé Marie-Noëlle Lienemann, ex-ministre du Logement (PS). D'autre part, la hausse des constructions est liée à leur faible niveau au moment de la crise de 2008, et elle ne comblera pas le manque de 900 000 logements dans le pays.

Pierre Duquesne

 

 

 

Logement:les propositions des candidats passées au crible

 

L’Institut Montaigne,en partenariat avec «LesEchos» , évalue le coût des mesures défendues parles principaux candidats à la présidentielle.

Tous souhaitent accélérer la construction de logements .L’UMP propose un second plan de rénovation urbaine qui coûterait plus de 1 milliard d’euros.

 

444 MILLIONS D’EUROS

Le coût des 300.000 logements sociaux que François Hollande propose de créer au cours du prochain quinquennat. C’est l’estimation médiane de l’Institut Montaigne, qui présente aussi une fourchette haute (950 millions) et basse (85 millions).

 

Il faut refonder notre politique du logement, ça ne va pas.» Le constat ne vient pas de la gauche mais de Nicolas Sarkozy lui-même, qui a fait part de ses déconvenues jeudi der- nier,lors d’une visite aux Restos du coeur. « Le côté désespérant, c’est que la production de logements sociaux est de 130.000 par an, soit trois fois plus qu’il y a dix ans et,malgré tout, ce n’est pas suffisant», a-t-il ajouté. Les ménages modestes restent ainsi nombreux à ne toujours pas pouvoir se loger dans les zones de forte spéculation immobilière (notam- ment Paris), n’ayant accès ni au parc privé ni au social,toujours saturé. Les candidats à la présidentielle avancent donc tous,dans leurprogramme, des propositions pour rendre le marché plus accessible. L’Institut Montaigne,qui évalue le coût des programmes présidentiels en partenariat avec «LesEchos», les a passées au crible.Dans ce domaine, qui nécessite desengagements financierspublics massifs, il serait faux de croire que le moins coûteux des programmes est forcément le plus efficace. Comme l’éducation,c’est l’un des secteurs où les dépenses constituent un réel investissement pour l’avenir. « Se contenter d’un chiffrage des programmes électoraux ne rend pas justice à la vision de la société que défendent les partis politiques», prévient en préambule l’institut. Compte tenu de la pression sur les finances publiques, le vainqueur de l’élection présidentielle aura cependant beaucoup moins de marges de manoeuvre budgétaires que ses prédécesseurs.

 

Construire avantage A ce stade,les candidats défendent des propositions relativement clas- siques,reposant essentiellement sur l’accélération de la construction de logements . « La comparaison avec les autres pays de l’OCDE n’accrédite pas l’idée d’un manque d’offre de logements en France,même si ce constat n’exclut pas une mauvaise adéquation au niveau local entre la demande et l’offre», fait pourtant valoir l’OCDE dans un récent rapport.D’autres mesures pourront émerger dans les mois à venir.A défaut de préciser notamment comment surmonter le manque de terrains disponibles en zones tendues,c’est l’ampleur des promesses qui distingue les candidats aujourd’hui.Jean Luc Mélenchon (Frontdegauche) arrive en tête, avec 200.000 logements sociaux promis chaque année, soit 80.000 de plus que ce que prévoit le gouvernement l’anprochain. La mesure, qui suppose de financer des prêts massifs aux organismes HLM, impliquerait une facture annuelle de 500 millions, indique l’Institut Montaigne.Outre l’encadrement des loyers dans les zones tendues, François Hollande propose, quant à lui, de créer 60.000logements sociaux par an de plus qu’aujourd’hui, pour un coût estimé à 450 millions d’euros par an. Il souhaite aussi rehausser de 20% à 25% la part obligatoire de logements sociaux dans chaque commune, tout en majorant les sanctions.Des propositions très proches de celles des Verts qui, outre la création de 40.000 logements sociaux supplémentaires par an et l’encadrement des loyers, promettent de réquisitionner les logements vacants dans le parc privé (2 millions de logements) et social (60.000 logements). L’UMP propose de son côté de lancer un second programme de rénovation urbaine (Anru),passant principalement par la réhabilitation des logements sociaux et la démolition des immeubles les plus vétustes. En supposant que ce second plan reprenne les contours du précédent qui a bénéficié à 500 quartiers et environ 4millions d’habitants, son coût peut être estimé à 1,2 milliard d’euros par an,indique l’institut (qui admet une moindre fiabilité de l’estimation).Marine Le Pen, enfin, entend favoriser l’accession à la propriété, via uncrédit d’impôt pour les jeunes. Unprojet non chiffrable à ce stade, selonl’institut.

LUCIEROBEQUAIN

 

Fortement soutenu par l’Etat, le secteur du logement va subir une sévère cure d’austérité l’an prochain. Du prêt à taux zéro au soutien à l’investissement locatif  (dispositif

Scellier),enpassant par le durcissement des plus-values immobilières et la TVA réduite dans les travaux, pratiquement tous les avantages fiscaux liés au logement vont être

rabotés.La plupart de ces mesures prennent effet dès la semaine prochaine. Au total, ce sont quelque 4 milliards d’euros que le secteur va ainsi perdre l’an prochain en avanta-

Ges fiscaux ou en subventions.Une réalité qui contraste avec l’ambition affichée par tous les candidats à la présidentielle pour résoudre la crise du logement.

 

Prêt à taux zéro durement touché

Le relèvement de la TVA de 5,5% à 7%pour la rénovation de logement, qui s’ajoute à la forte réduction du crédit d’impôt développement durable, est la mesure qui a fait le

Plus parler d’elle. Elle rapportera quelque 500 millions d’euros à l’Etat. Mais c’est le prêt à taux zéro qui est en réalité le plus durement touché. Lui qui représente 2,6milliards d’euros chaque année n’en coûtera plus que 800 millions l’an prochain. Le dispositif était pourtant censé remplacer la déductibilité des intérêts d’emprunt, emblématique

De la loi Tepa et supprimée l’année précédente. A l’avenir, le prêt à taux zéro ne soutiendra plus l’achat de logements anciens et il sera accordé sous condition de ressources.Les

Promoteurs immobiliers n’y trouvent rien à redire car le recentrage sur le neuf et l’extension aux zones non tendues font leur affaire. Mais les ménages qui souhaitaient devenir propriétaires dans l’ancien vont beaucoup y perdre. Soupçonné d’avoir provoqué de gros effets d’aubaine auprès des ménages aisés,le dispositif Scellier,qui impose de mettre en location un logement neuf pendant neuf ans au minimum, va être lui aussi fortement raboté. La réduction d’impôt, qui s’élève à 22%des dépenses engagées cette année, va être ramenée à 13%l’an prochain, avant decomplètement disparaître en 2013. Si les règles n’avaient pas changé,Chaque génération de logements construits aurait coûté 2 milliards d’euros à l’Etat. Elle n’en coûtera finalement que la moitié. A ces mesures s’ajoute le durcissement de la taxation des plus-values immobilières. L’exonération progressive et totale au bout de quinze ans ne constituait pas un soutien en tant que tel au secteur immobilier,mais il apportait un sérieux avantage aux propriétaires vendant leur résidence secondaire. Elle conduisait « de très nombreux propriétaires à attendre avant de vendre,

Entretenant ainsi la pénurie de logements dont notre pays souffre, et donc la hausse des prix», avait justifié la ministre du Budget, Valérie Pécresse, cet automne. Sa suppression rapportera 2,2 milliards à l’Etat.

L.R.

 

Largement subventionné, le secteur du logement doit renon-cer à plus de 4 milliards de crédits publics en 2012.

 

Le soutien budgétaire à l’immobilier va brutalement s’assécher l’an prochain

 

Serpent de mer de la politique du logement, l’encadrement des loyers refait surface avec la campagne électorale et le débat prend de l’ampleur.Le 19 décembre, Michel Sapin,

Chargé du projet présidentiel de François Hollande, a estimé, sur France Inter, qu’il « sera nécessaire d’encadrer les loyers dans les zones de France où c’est extrêmement tendu». En région parisienne en particulier,« ça aboutit à […] des chambres de bonne qui sont payées à des prix absolument insupportables!», a souligné l’ancien ministre de l’Economie. En estimant à 22,60 euros le mètre carré à la location à Paris et 18 euros dans l’agglomération parisienne (en2010) contre 9,70 euros en province, l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (Olap) alimente le débat. «Depuis trois ans, il existe un clair décrochage,les

Loyers n’évoluent plus de façon similaire entre l’Ile-de-France, où ils continuent à augmenter, et la province,où ils sont restés stables en moyenne depuis 2009», ana-

Lyse la présidente de l’Olap, Sabine Baïetto-Beysson.Une moyenne stable en province signifie que les loyers ont baissé dans certains endroits. Il n’en

Reste pas moins qu’en dix ans, de 2001 à début 2011, « les loyers de marché payés par les nouveaux emménagés ont augmenté de 40% en province, et de 50% à

Paris», poursuit-elle. C’est moins que la hausse de 160% enregistrée par les prix de l’immobilier à Paris depuis dix ans, mais bien plus que la hausse des revenus.

 

Une solution exclue

 

Le gouvernement a toutefois toujours exclu de gérer cette situation par l’encadrement des loyers. « Dégrader la rentabilité locative poserait trois problèmes,

Souligne le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu. Cela réduirait les moyens des bailleurs pour financer les travaux d’entretien, les inciterait pour certains à

Vendre avec pour conséquence de réduire un parc locatif déjà insuffisant et, enfin, cela dissuaderait les investisseurs potentiels dans le locatif avec là encore une baisse de l’offre locative. Le système de l’encadrement fontionne cependant très bien en Allemagne, avait remarqué Eva Joly. «Mais en Allemagne,le marché du logement n’est pas tendu et

Le système consiste en fait à réaligner le loyer lorsqu’il varie de plus de 20%par rapport au voisinage», rétorque Benoist Apparu.

Un alignement qu’il exclut en France, pour les mêmes raisons que l’encadrement. En revanche, la taxe sur les loyers abusifs de chambres de bonne, qu’il avait fait figurer dans le projet de loi de Finances 2012 et qui avait été rejetée par la majorité socialiste au Sénat, a été réinstaurée par les députés dans le texte définitif.

MYRIAMCHAUVOT

 

 

CE QU’ILS DÉFENDENT

 

JEAN-LUC MÉLENCHON

Préconise la construction de 80.000 logements sociaux de plus que prévu chaque année. Unvolet serait dédié aux logements étudiants et aux jeunes.

 

EVA JOLY

Propose la construction de 40.000 logements sociaux de plus par an. Les prix des loyers seraient encadrés,les expulsions arrêtées.Les logements vacants seraient réquisitionnés.

 

FRANÇOIS HOLLANDE

Veut créer 60.000 logements sociaux de plus chaque année.Il veut relever de 20% à 25%la part de logements sociaux obligatoire dans chaque commune.

 

NICOLAS SARKOZY

Entend lancer un second programme de rénovation urbaine (Anru). Il s’agit de transformer en profondeur les quartiers fragiles, classés en zones urbaines sensibles.

 

MARINE LE PEN

Met l’accent sur l’accession à la propriété des jeunes.Elle propose un chèque« premier logement», dont le montant varierait en fonction des ressources du foyer.

 

 

 

 

La Croix mercredi 28 décembre

 

Le plan gouvernemental d'humanisation des centres d'hébergement

 

Un plan d'humanisation des centres d'hébergement a été mené à partir de 2008 sur la base d'un recensement des besoins conduit pendant six mois dans tous les départements. Ce travail de diagnostic a permis d'identifier 380 projets de rénovation, soit un potentiel de 9 000 places, et 90 projets de création représentant 2 200 places nouvelles pouvant être obtenues en réaménageant les structures existantes.

Parmi les objectifs de ce programme : « Accroître significativement le niveau de qualité des centres d'hébergement en se rapprochant le plus possible des normes des logements foyers » et « mettre en adéquation les structures et les besoins mis en évidence localement ».

Les réalisations : L'effort consenti entre 2008 et 2010 aura été supérieur à celui initialement prévu puisque l'État a financé, à hauteur de 175 millions d'euros, la rénovation de 11 562 places d'hébergement et la création de 3 786 autres places ou logements. En trois ans, près de 23 % du parc a ainsi été rénové, réhabilité ou construit.

La perception des personnes hébergées

En 2011, l'institut Ifop a conduit, à la demande de la Cour des comptes, une étude auprès d'un échantillon - non représentatif - de personnes sans domicile fixe. Selon cette enquête, 86 % des personnes interrogées se disent satisfaites du centre d'hébergement qui les accueille. Elles sont une large majorité à estimer que l'on y respecte leur identité et leur mode de vie (91 %), leur besoin d'hygiène (89 %), d'écoute (86 %), de conseil et d'aide (86 %), leur besoin de rester « connecté » (81 %), de liberté (78 %) ou encore de tranquillité (76 %). Un bémol cependant : elles ne sont que 19 % à se dire libres de venir avec un animal de compagnie. Les jeunes sont les plus nombreux à exprimer une opinion positive. À l'inverse, un quart des personnes qui sont hébergées en structure depuis plus de dix ans affirment avoir déjà fréquenté des centres répondant mieux à leurs besoins.

 

 

Les centres d'accueil « s'humanisent » peu à peu

 

Un plan engagé par le gouvernement en 2008 a permis d'améliorer nettement les conditions d'accueil des personnes sans domicile fixe. Un « effort » salué par la Cour des comptes mais qui ne devrait pas se poursuivre au même rythme dans les années à venir.

JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS

 

Des chambres individuelles à la place de dortoirs vétustes où il est impossible de fermer l'oeil ; des sanitaires et des douches pour chacun, en remplacement des espaces collectifs ; la création de lingeries et de bagageries, afin de permettre aux personnes sans domicile fixe de rester propres et de s'occuper de leur réinsertion sans avoir à s'inquiéter pour leurs affaires : si l'offre d'hébergement reste largement insuffisante - plus de 40 % des demandes faites au 115 n'ont pas été satisfaites en 2010 - le parc social destiné à accueillir les sans-abri a gagné en qualité. Et ce depuis qu'un « plan d'humanisation » a été engagé il y a trois ans.

Selon la Cour des comptes, qui a remis très récemment un rapport sur la politique publique d'hébergement des personnes sans domicile, « l'effort fourni en faveur de l'humanisation des centres (...) a produit des effets positifs logiquement perçus par les usagers, qu'il s'agisse des personnes hébergées ou des travailleurs sociaux ».

Entre 2008 et 2010, l'État a ainsi consacré 175 millions d'euros à la rénovation des centres d'hébergement et à la création de nouvelles places ou logements. Au total, près d'un quart du parc a été réhabilité. Des résultats remarqués, puisque les sans-abri, et les travailleurs sociaux eux-mêmes, considèrent que les conditions d'hébergement se sont améliorées (Lire les repères).

Nouveaux lieux, nouvelles pratiques. L'Armée du salut a ouvert depuis peu « Le nouvel Horizon », un centre de 84 places à Reims, et un autre établissement à Louviers (Eure) de 49 places, comprenant tous deux des appartements en semi-autonomie pour les familles. « L'individualisation de l'hébergement est une très bonne chose,mais cela change profondément la nature de l'accompagnement », explique Alain Raoul, directeur général de l'organisation. « Avant, quand tout le monde était regroupé dans le même espace, le rapport aux autres s'assurait tout seul. Maintenant, il faut l'impulser, car cela fait partie intégrante d'une bonne insertion sociale », poursuit-il.

Le mouvement « d'humanisation » de l'hébergement a été lancé en 2007, après la conférence de consensus de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale Fnars. Ses conclusions recommandaient notamment de « favoriser dans les centres des espaces dotés de clés ou d'autres moyens de contrôle d'accès, où la personne puisse laisser ses effets personnels » et de concevoir « des lieux d'hébergement en espace individuel, de couple, ou de famille et non plus collectifs ». Début 2008, un rapport du député des Yvelines Étienne Pinte allait dans le même sens.

Le programme de rénovation qui en a découlé, appuyé financièrement par le plan de relance de l'économie en 2009 et 2010, va se poursuivre dans les années à venir mais ne disposera plus des mêmes moyens. L'Agence nationale de l'habitat (Anah) a consacré 50 millions d'euros en 2009 à la réhabilitation des places d'hébergement, et 36 millions en 2010. En 2011, l'enveloppe d'un montant de 11 millions d'euros a permis de restaurer 45 centres. Et l'Anah disposera de 10 millions pour poursuivre son travail l'an prochain. « Il reste encore des projets de rénovation mais il n'y aura plus de création de nouveaux centres, et les travaux importants de réaménagement seront moins nombreux », remarque Geneviève Colinet, en charge de la mission « humanisation » à la Fnars.

Or, les besoins demeurent importants. À elle seule, la Fédération a accompagné, en 2010-2011, 28 établissements dans sept régions (Bourgogne, Pays de la Loire, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Centre, Lorraine, Languedoc-Roussillon) pour les aider à définir leurs projets d'amélioration de l'accueil. Quatre d'entre eux souhaitent, par exemple, s'équiper de cloisons amovibles, pour ajuster l'espace en fonction de la taille des familles, de plus en plus nombreuses à se retrouver à la rue. Et de nouveaux besoins apparaissent. Ainsi, insiste Geneviève Colinet « le parc d'hébergement aurait besoin de reconvertir une partie de ses places en petits studios, afin de préparer la vie en autonomie dans un logement classique. »

 

 

Une résidence modèle pour les personnes sans abri

 

L'association Emmaüs vient d'ouvrir un centre d'hébergement modèle à Paris. Une soixantaine de personnes en difficulté, seules ou responsables d'une famille monoparentale, y sont accueillies dans des appartements individuels. Cette réalisation, née d'un partenariat avec les collectivités et le bailleur, est un des nouveaux visages du logement pour les plus défavorisés.

ESTELLE MAUSSION

 

Le quai de Valmy, au bord du canal Saint-Martin, en plein coeur du 10e arrondissement de Paris. Ses quais pavés, ses immeubles en pierre blanche et sa vie de quartier. Au coeur de ce périmètre typique du vieux Paris, une façade couleur bleu-vert, faite de panneaux photovoltaïques, attire l'oeil. Une fois le porche franchi, on découvre un immeuble moderne, alliant verre et fer, autour d'un petit jardin intérieur. « Au début, les passants s'arrêtaient les soirs et les week-ends pour demander si c'était à louer ou à acheter et s'ils pouvaient visiter », raconte dans un sourire Damien Bellec, de l'association Emmaüs, gestionnaire des lieux. Car il ne s'agit pas d'une résidence de standing avec ses lofts spacieux, mais bien d'un des nouveaux centres d'hébergement de l'association créée par l'abbé Pierre.

Sur sept étages, cet immeuble flambant neuf abrite une pension de famille, une résidence sociale et deux appartements de centre d'hébergement et de réinsertion sociale. Soit 45 places au total, pour des personnes en difficulté aux profils très différents, anciens sans-domicile-fixe, femmes seules avec enfants, jeunes en rupture. Ouverte depuis mi-octobre, elle compte une soixantaine de résidents. Loin des habituels dortoirs des centres sociaux ou des chambres d'hôtel à la propreté douteuse, la résidence Emmaüs ne compte que des studios individuels, T1 ou T2, avec kitchenette et salle de bains. Chaque appartement est accessible aux personnes à mobilité réduite et desservi par un ascenseur.

En jeans et pull polaire, Patrick, 70 ans, se souvient du jour où il a visité son futur studio. « Après quatre ans de rue, de longues nuits dans le bois de Vincennes, quand je suis entré ici, j'ai eu l'impression de toucher le Loto, raconte-t-il les yeux brillants, assis devant sa table de cuisine. J'ai vu cette pièce toute blanche, la fenêtre et le radiateur neufs, puis la salle de bains individuelle... À partir de ce moment-là, on peut commencer à sourire et à faire de petits projets. » Pour lui, qui vit avec les 750 € de sa retraite, ce sera renouer avec les « gens d'avant », notamment sa famille, et avec sa passion pour les brocantes. « Je vais aussi meubler le studio mais, avant, je dois finir de m'approprier l'espace », ajoute-t-il à l'adresse des cartons qui font encore office de table de nuit près du lit.

« Les trois quarts des résidents ont derrière eux un long parcours en centres d'hébergement dans lesquels ils n'étaient pas libres de leur mouvement et où ils ne pouvaient pas accueillir de proches. Ici, chacun a son badge, ses clés, sa boîte aux lettres, comme dans n'importe quel immeuble. Cela aide les habitants, suivis socialement, à prendre leur autonomie et à redevenir des citoyens lambda », souligne Damien Bellec, tout en serrant la main d'un résident de retour de ses courses. « Beaucoup nous ont sauté dans les bras, d'autres nous ont invités à fêter leur emménagement », confie Zineb Benaïni, éducatrice spécialisée, qui insiste sur l'enthousiasme soulevé par le bâtiment chez les habitants comme chez les travailleurs sociaux.

Exemplaire sur le plan social, la résidence se veut également exemplaire sur le plan écologique. « C'est la seule façade d'immeuble d'habitation entièrement recouverte de cellules photovoltaïques dans la capitale. Elle va produire l'équivalent de 40 % de l'énergie consommée par le bâtiment sur une année », souligne Jean-Marie André, directeur général de Résidences sociales de France (RSF), filiale du groupe Immobilière 3F et propriétaire de l'immeuble. Des capteurs solaires sur la toiture végétalisée et une isolation renforcée complètent l'installation qui répond aux normes de développement durable. « Nous voulions montrer qu'il est possible de faire du beau et de la qualité pour des gens en difficulté et sans surcoût important », ajoute le bailleur. Ce dernier a cofinancé l'opération, d'un montant de 7,8 millions d'euros, avec l'État, la région Île-de-France et Action logement.

L'architecte du projet fait même de cette réalisation un symbole. « Nous sommes juste à côté de l'endroit où les tentes des Don Quichotte étaient installées il y a quelque temps pour dénoncer le mal-logement, rappelle Emmanuel Saadi. Aujourd'hui, on y voit un immeuble, architecturalement exceptionnel, destiné aux plus pauvres et dans lequel, j'espère, ils se sentiront valorisés. » Autre clin d'oeil historique, l'immeuble, acquis par l'abbé Pierre après son appel aux dons de 1984, abritait jusqu'à présent un centre d'hébergement vieillissant et le siège social de l'association Emmaüs. Après son rachat par RSF en 2009 et deux ans de travaux, il fait désormais figure d'exemple à suivre.

 

 

 

 
AFP mardi 8 novembre
 
TVA relevée à 7%: le logement social, "encore un bien de première nécessité?" (Le Bouillonnec)
 
PARIS, 8 nov 2011 (AFP) - - Le député socialiste du Val-de-Marne, Jean-Yves Le Bouillonnec, s'est demandé mardi si le logement social était encore "un bien de première nécessité" compte tenu de la décision du gouvernement d'appliquer également à ce secteur le relèvement du taux réduit de la TVA de 5,5% à 7%.
PARIS, 8 nov 2011 (AFP) - - "En refusant de placer le logement social parmi les biens de première nécessité qui continuent à bénéficier du taux réduit à 5,5% et en limitant à 1% la revalorisation des aides au logement", le gouvernement "accentue les lourdes difficultés que les Français rencontrent pour se loger", a jugé M. Le Bouillonnec dans un communiqué.
Le député a souligné que "le rapport du comité d'évaluation des dépenses fiscales et niches sociales avait pourtant considéré que le logement social n'est pas économiquement viable sans aide publique et que la TVA à 5,5% restait l'aide principale, rapide et efficace entraînant par ailleurs une maîtrise de la dépense".
"Les organismes d'HLM déjà ponctionnés, pour le budget de l'Etat, de 240 millions d'euros vont devoir supporter un coût supplémentaire estimé à 225 millions par an pour maintenir leur production de logement social. Au total, c'est 500 millions d'euros que l'Etat va recevoir des organismes, soit un prélèvement supérieur à celui de l'aide à la pierre inscrit dans le budget", a-t-il ajouté.
Aux yeux de ce député, chargé des questions de logement au sein du groupe PS à l'Assemblée nationale, "la crise du logement laisse totalement indifférent ce gouvernement" et "le comble est sans nul doute en passe d'être atteint".
ic/dec/phi/er
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AFP jeudi 10 novembre
 
Mal-logement: le président du Sénat reçoit un collectif d'associations
 
PARIS, 10 nov 2011 (AFP) - - Le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, a reçu jeudi au palais du Luxembourg un collectif d'associations s'occupant du mal-logement dans le cadre d'une journée d'action baptisée "24h pour le logement".
PARIS, 10 nov 2011 (AFP) - - En recevant une délégation des mouvements associatifs, Jean-Pierre Bel a voulu donner "un signal fort, montrant la préoccupation de la gauche sur le sujet", a-t-on indiqué dans son entourage.
Le Sénat, nouvellement acquis à la gauche, examinera en séance, le 8 décembre prochain, une proposition de loi (PPL) de Jean-Pierre Bel visant à "faire du logement une priorité nationale".
Le collectif d'associations appelait ce jeudi à une manifestation partant, en début d'après-midi, du Sénat pour se rendre à l'Assemblée nationale avant de rallier le parvis des Droits de l'Homme au Trocadéro où se tiendra un rassemblement à partir de 19H00, suivi d'une "nuit blanche".
Parmi le collectif d'associations participant à ces "24h pour le logement" figurent le Droit au Logement (DAL), la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, France Terre D'Asile, la Fnars, la Ligue des Droits de l'Homme, le Secours Catholique etc...
"Aujourd'hui, près de 700.000 personnes sont privées de domicile personnel, les lois en matière de droit et d'accès au logement ne sont pas respectées et le secteur de l'hébergement d'urgence et d'insertion est délaissé au mépris des individus et du code d'insertion sociale", fait valoir dans un communiqué le collectif "Urgence un toit", l'un des organisateurs de la mobilisation.
aml/vdr/rh/jpr
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La Croix lundi 31 octobre
 
Il n'y aura pas de places d'hébergement d'urgence supplémentaires cet hiver
 
Demain débutent la trêve hivernale sur les expulsions locatives et le dispositif de mise à l'abri face à l'arrivée du froid. Le gouvernement n'entend pas créer de places d'hébergement d'urgence supplémentaires.
La température baisse et l'urgence monte. Pourra-t-on éviter la saturation que les centres d'hébergement avaient connue l'hiver dernier, contraignant les travailleurs sociaux à refuser des solutions à ceux qui n'ont pas de toit ?
C'est peu probable dans la mesure où l'État a choisi de reconduire sans le modifier le dispositif mis en place l'année dernière.
Concrètement, en plus des 115 000 places d'hébergement, 10 000 à 15 000 autres possibilités de mise à l'abri ont été préparées par les préfectures, dont 5 000 en Île-de-France. Et, au besoin, des gymnases pourront être ouverts.
Le secrétaire d'État chargé du logement, Benoist Apparu, fidèle à la ligne gouvernementale, ne veut pas investir davantage dans l'urgence. « Si j'ouvre encore 15 000 places supplémentaires, elles seront remplies en trois jours, et cela
n'arrangera rien à la situation, car la solution c'est de porter nos efforts sur le logement de ces personnes », affirme le ministre, qui rappelle que l'État a créé 25 000 places d'hébergement au cours des quatre dernières années.
Benoist Apparu préfère centrer son action sur un accompagnement des personnes sans domicile vers l'habitat classique. Et attend de la concertation ouverte dans le cadre des « assises du logement d'abord » la définition d'un référentiel dans ce domaine.
 
Cependant, pour Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, l'État « vend des logements qu'il n'a pas encore construits ». « Il faut en moyenne quatre ans entre le début de la construction et la remise des clés au locataire. En attendant, il est impératif d'ajuster l'hébergement en fonction des besoins », précise-t-il.
Les associations estiment par ailleurs avoir rempli leur part du marché, à l'issue d'un travail commencé avec le gouvernement en 2008 sur la réforme de la politique d'hébergement.
Désormais, deux organisations n'effectuent plus de maraudes au même endroit, alors que des sans-domicile installés dans un autre quartier pouvaient ne recevoir aucune visite. Les services intégrés d'accueil et d'orientation, censés centraliser les places d'hébergement disponibles pour éviter que certains centres ne saturent quand d'autres ne sont pas pleins, sont également opérationnels dans 90 % des départements. « Maintenant, nous attendons de l'État un cadre et l'ingénierie nécessaire pour convaincre effectivement les bailleurs d'accepter des personnes à la rue en location », déclare
Matthieu Angotti, directeur général de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale.
 
500 000 ménages ne seraient plus en mesure de payer leur loyer
À la veille de la trêve hivernale, la Fondation Abbé-Pierre met en garde contre l'augmentation du nombre des impayés.
Selon l'association, 500 000 ménages en France ne seraient plus en mesure d'acquitter leur loyer. La Fondation souligne l'urgence, durant l'hiver, de multiplier les actions de prévention pour éviter qu'en mars un grand nombre de familles soient
contraintes à quitter leur logement.
Le nombre de contentieux locatifs, selon le ministère de la justice, s'élevait à 142 500
en 2010, pour 107 000 décisions d'expulsion (+ 2 % en deux ans).
 
FRANCOIS Jean-Baptiste
 
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l'Humanité vendredi 23 septembre 
 
Quand le logement s'invite en politique
 
La Fondation Abbé-Pierre lance une mobilisation pour imposer le débat en vue de 2012.
Après l'indignation, place au politique. À l'approche de l'élection présidentielle, la Fondation Abbé-Pierre et Emmaüs France lancent une « mobilisation générale » pour le logement. « Nous nous invitons dans le débat politique », prévient Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Les deux organisations entendent « exiger des candidats aux scrutins de l'année 2012 qu'ils s'engagent concrètement pour en finir avec la crise du logement ». L'ambition ? « Introduire l'idée qu'une autre politique est possible. Il n'y a pas de fatalité », poursuit Patrick Doutreligne.
La fondation a élaboré une plate-forme de propositions autour de quatre axes, « pour un véritable changement de cap ». Une série de rencontres est prévue avec chaque parti et chaque candidat. « Notre projet doit être pris dans son ensemble. Il n'est pas question de piocher telle ou telle proposition. Afin de veiller au respect de l'engagement pris, nous mettrons en place un comité de suivi », explique Christophe Robert, délégué général adjoint de la fondation. Une pétition est également lancée pour « rassembler un maximum de personnes ». Le programme prévoit la construction de 500 000 logements par an pendant cinq ans, dont 150 000 « vraiment sociaux », l'encadrement des loyers, revaloriser les APL ou encore renforcer la loi SRU en imposant 25 % de logements sociaux.
Autre mobilisation, la fondation Copernic organisait mercredi soir un meeting sur le thème « se loger, on fait comment ? » Invités à débattre, Marie-Noëlle Lienemann (PS), Augustin Legrand (Europe Écologie), Éric Coquerel (PG), Ian Brossat (PCF) et Maxime Besselièvre (NPA). « Le logement est une question incontournable qu'il faut imposer au coeur du débat, y compris à gauche, a commenté Ian Brossat. Les attentes sont immenses. »
 
Lionel Decottignies
 
 
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AFP jeudi 22 septembre
 
Hébergement d'urgence et aide aux personnes âgées: situation "plus tolérable"
 
PARIS, 22 sept 2011 (AFP) - - Les secteurs de l'hébergement d'urgence ou de l'aide aux personnes âgées se trouvent dans une situation qui n'est "plus tolérable" en raison du manque de moyens financiers, a dénoncé jeudi l'Uniopss (associations sanitaires et médico-sociales).
PARIS, 22 sept 2011 (AFP) - - Reconnaissant les difficultés des finances publiques, le président de l'Uniopss, Dominique Balmary, a néanmoins appelé le gouvernement à "adapter la politique de désendettement pour préserver la situation des plus fragiles, laquelle est en train d'empirer".
"Les problèmes de l'hébergement, de l'accès aux soins des plus fragiles, de l'accompagnement des plus vulnérables et de ceux atteints de solitude ne sont plus tolérables", a insisté le président de l'Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss), lors d'une conférence de presse.
"Trop de décisions se prennent encore de façon brutale, parfois aveugle, sans autre logique que financière", a encore dit M. Balmary.
L'organisation a notamment dénoncé "l'abandon" de la réforme de la dépendance des personnes âgées, officiellement reportée par le gouvernement à "début 2012".
L'Uniopss a également fait part de ses "inquiétudes très fortes" dans le domaine de l'hébergement, dénonçant des "baisses de crédits très importantes" alors que "les besoins augmentent", du fait de la crise notamment.
Jeanne Dietrich, chargée de cette question à l'Uniopss, a expliqué que si le principe du "logement d'abord" (proposer en priorité un logement pérenne aux personnes en difficulté plutôt qu'un hébergement d'urgence) ne pose pas de problème, "sa mise en oeuvre", elle, crée des difficultés.
"On supprime des places d'hébergement avant que des logements soient disponibles", a-t-elle déploré.
 
jc/bfr/er/df
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Le Parisien Val de Marne, mardi 20 septembre
 
Une quarantaine de squatteurs qui occupaient un terrain de la rue Antoine-Thomas à Ivry ont été évacués hier matin par la police. Le site, à 200 m du périphérique, comprend trois maisons vétustes qui servaient de refuges depuis plusieurs mois à des familles de Roms roumains et à des familles maghrébines. Des enfants, dont certains sont scolarisés sur la ville, occupaient également les lieux.

Le Parisien Val de Marne jeudi 1 septembre 2011
Une mère et son fils de 22 mois passent la nuit dans la rue

A la rue à cause d'un « dysfonctionnement ». Une jeune femme et son fils de 22 mois se sont retrouvés àdormir dehors dans la nuit de mardi à mercredi, dans les rues de Champigny. Vers 21 heures, cette maman désespérée sollicite l'aide du Comité d'action hébergement logement 94 (CAHL 94). Ce collectif s'est créé au printemps face à la crise de l'hébergement d'urgence lié à la baisse des crédits d'Etat.Comme nombre de sans-abri, elle a appelé le 115 mais le Samu social ne peut la prendre en charge et même la maraude pour le dépannage de première nécessité (couverture, boissons chaudes) ne peut passer. Les militants du CAHL 94 vont alors dresser une tente dans un coin tranquille de Champigny pour la jeune femme et son bébé. Ils resteront à ses côtés, à l'abri sous une autre tente. Il s'agirait d'un « dysfonctionnement »« Une situation purement et simplement scandaleuse », selon le CAHL 94. « C'est la première fois que nous sommes confrontés à du campement sauvage faute de solution, souligne Jérôme Huet, du CAHL 94. Jusquelà, nous avons réussi à gérer certains cas par téléphone ou en négociation avec le 115. » Depuis le début de l'été, le comité a d'ailleurs mis en place un système de veille téléphonique en lien avec les espaces départementaux des solidarités pour faire face aux situations de crise concernant les familles ou femmes seules avec enfants. D'après la Drihl 94 (Direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement), cette situation « dramatique » relevait du conseil général au titre de l'aide sociale à l'enfance. « Cette mère et son enfant avaient déjà bénéficié de trois nuitées financées par le 115 depuis le 22 août. Deux signalements ont été faits aux collègues du conseil général. Il s'agit malheureusement d'un dysfonctionnement. » « Un mauvais concours de circonstances, précise le département. La personne en situation de mal-logement depuis un an était bien suivie chez nous. Mais elle a indiqué mardi se débrouiller par ses propres moyens pour se loger. En fin de soirée, elle n'avait pas trouvé de solution. Hélas ! à cette heure, nos services étaient fermés. » Hier matin, la mère et son enfant ont pu profiter d'une boisson chaude à l'espace départemental des solidarités de Champigny.Dans la journée, leur situation a été régularisée. Une place dans un centre dédié a été trouvée.

AGNÈS VIVES

 

 

NVO.jpgLa Nouvelle Vie Ouvrière, hebdomadaire de la CGT - Dossier hébergement

 

 

 

 

 

 

 

 

La revue de presse du 10.08.2011

Les sans-abri, une honte nationale sans fin - Le Monde du 10.08.2011

Une centaine de sans-logis évacués par la police à Paris
Accompagnées de militants de l'association Droit au logement, environ 200 personnes, dont une trentaine d'enfants en bas âge, s'étaient installées jeudi soir rue de la Banque.

Le Monde du 05.08.2011

Libération du 05.08.2011
 

Écrit par comiteactionhebergementlogement94 Lien permanent | Commentaires (0)

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