02.05.2012

Dans la presse...

Le Parisien Val-de-Marne mercredi 11 avril

 

Nogent-sur-Marne

Ils vivent avec leur bébé dans une cave de 10 m2

 

Difficile d'imaginer que certains y sont si mal logés quand on entre dans la résidence la Trouée, à Nogent-sur-Marne. C'est pourtant au pied de l'un des immeubles de cet ensemble chic, à deux pas de la gare du RER A, que vit un couple avec son bébé d'un mois dans une cave aménagée en studio.

Malgré toutes les démarches effectuées, malgré la priorité reconnue dans le cadre de la loi Dalo (droit opposable au logement), Paul et Rosette n'ont toujours pas obtenu de logement digne. Leur situation a même été évoquée par le conseiller municipal d'opposition Marc Arazi lors du dernier conseil municipal. « J'ai accepté de louer ce studio en 2005, pour 425 ? de loyer par mois, raconte Paul, électrotechnicien au chômage. Mais on s'est vite rendu compte que c'est irrespirable, tout le mur est moisi. » Le logement est enterré d'un mètre. La fenêtre, qui ne s'ouvre que sur 40 cm, est à hauteur de la pelouse, et laisse entrer tous les insectes rampants dès qu'elle est ouverte. Depuis l'arrivée du bébé, Rosette passe le plus de temps possible chez des parents ou des amis pour que le petit ne refasse pas d'allers-retours à l'hôpital, comme les premiers jours. « Il avait du mal à respirer ici, raconte cette mère au foyer de 32 ans. En plus, il n'y a pas la place de poser un lit ou une baignoire pour lui. »

D'autres caves habitées

La famille a engagé toutes les démarches possibles et reçu plusieurs réponses favorables. De son côté, la mairie assure que « le propriétaire n'a pas pu leur trouver de solution dans le privé en raison de leurs faibles revenus ». « La ville fait tout pour les reloger, promet Jean-Paul David, adjoint au maire UMP. Leur dossier participera à une commission d'attribution de logements. Mais nous avons de nombreux dossiers en attente. » Et le maire adjoint d'affirmer que la ville n'est pas alertée sur cette situation depuis longtemps. « C'est nouveau dans le Code de santé publique que ce type de logement ne puisse plus être loué. » Ce qui n'empêche pas trois autres caves de ce type d'être également louées dans l'immeuble.

 

Déjà trois décisions en leur faveur

 

Après une visite des services départementaux des affaires sanitaires et sociales, en 2009, le logement de Paul et Rosette a été déclaré « impropre à l'habitation », à cause de la « présence importante d'humidité et de moisissure », de l'« absence de ventilation » et de la « communication directe entre le cabinet d'aisances et le coin cuisine ». Depuis cette date, Paul et Rosette ont donc cessé de payer leur loyer de 490 ? par mois.

Le 6 janvier 2011, la Commission du droit opposable au logement déclare la famille prioritaire. Elle doit être relogée dans l'urgence.

Le 8 mars 2012, le tribunal administratif impose au préfet le relogement de la famille avant la fin avril.

Laure Parny

 

 

 

 

Le Parisien Val-de-Marne jeudi 12 avril

 

SUCY-EN-BRIE

Quinze cabanes détruites par le feu dans un campement rom

 

Les débris calcinés gisent au milieu du gigantesque campement de Roms installé dans la zone industrielle Petit-Val à Sucy-en-Brie. Seuls une cheminée et quelques bidons ont résisté à l'incendie - vraisemblablement accidentel - qui a ravagé une quinzaine de cabanes, mardi soir. Pompiers et policiers sont intervenus vers 22h30, évacuant les familles sur la route, le temps d'éteindre le brasier. Les forces de l'ordre auraient essuyé des jets de pierres. Une personne a été interpellée. Hier après-midi, des habitants avançaient un poêle défaillant pour expliquer le départ de feu. Depuis octobre, plusieurs centaines de Roms - venus de l'Essonne ou de Seine-Saint-Denis - ont progressivement construit des maisons de bric et de broc, sur ce terrain appartenant à l'Etat et qui doit accueillir le prolongement de la N406.

Décision d'expulsion mise en délibéré au 16 mai

La maire (UMP), Marie-Carole Ciuntu, se dit pieds et poings liés. « Il aurait pu y avoir un drame. Cela fait des semaines que j'alerte sur ce sujet. Cela pose des soucis d'ordre public, de sécurité, d'insalubrité. Il y a une inquiétude légitime qui grandit dans la population. L'Etat doit agir indépendamment de la procédure judiciaire en cours. » La décision d'expulser - ou pas - les familles roms a été mise en délibéré au 16 mai.

Hier après-midi, Aline Poupel, de l'association Romeurope, est venue constater les dégâts. « Ceux qui vivaient dans les cabanes qui ont brûlé ont tout perdu. Ils n'ont plus leurs papiers, les enfants n'ont pas à manger », avance un jeune homme dans un français très rudimentaire. Aline Poupel tentait, hier, d'organiser une chaîne de solidarité.

ELSA MARNETTE (AVEC FABIENNE HUGER)

14.03.2012

Lancement du site "115juridique.org"

Hébergement d'urgence, passer de la charité au droit : lancement du site "115 juridique.org" le mercredi 14 mars
 

Une ordonnance  du Conseil d'État du 10 février 2012 (saisi par le DAL), mis en application  à plusieurs reprises par le Tribunal Administratif de Paris, confirme que le Droit à l'hébergement d'urgence s'adresse à toute personnes sans abri, quelque soit sa situation administrative, que sa mise en œuvre est une obligation de l'État. Selon la loi, toute personne hébergée doit être maintenue jusqu'à une orientation vers un hébergement stable, de soin ou un relogement.

Des associations et syndicats tels que DAL, LDH, Syndicat de la magistrature, Syndicat des Avocats de France, Solidaire, Sud santé sociaux, RESF, ACDL, CAL, CNAFAL, Fondation Copernic,  Union Syndicale de la psychiatrie, Advocacy, ...   lancent mercredi 14 mars :

  • un site de ressource juridique, nommé "115juridique.org", afin de mettre à disposition de tous des modèles de recours, et des explications sur les procédures à suivre,
  • un appel unitaire soutenant cette initiative et toute action favorisant l’accès à un hébergement stable, sans remise à la rue, des sans logis (permanences juridiques, téléphone vert ...)


Cette initiative vise à lancer en grand nombre des recours en référé liberté qui ouvre l’accès à une procédure gratuite et la plus rapide qui soit en matière de justice administrative , sur le modèle de ceux introduit par le DAL, et de tenir à jour la jurisprudence qui en sortira.

Il s’agit également  de mettre cet outil à la portée de tous,  avant la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives, (qui n'ont jamais été aussi nombreuses dans notre pays), et avant le 31 mars, date de la fin du plan d'accueil hivernal, qui va entraîner la remise à la rue de milliers de sans abri, ce qui doit  désormais être considéré comme illégal.

Source : Le Journal des Deux Rives

Accéder au site "115 juridique.org"

20.02.2012

Revue de presse 16 et 20 février 2012

 

AFP jeudi 16 février

 

Décès de la femme qui s'est immolée par le feu à la mairie de Saint-Denis

 

La femme en demande de logement qui s'est immolée par le feu mercredi dans le hall de la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) est décédée jeudi, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de la mairie.

 

BOBIGNY, 16 fév 2012 (AFP) - - Mercredi, à 15H00, cette femme de 38 ans, mère de six enfants, était entrée dans la mairie, avait eu une conversation assez violente avec un agent d'accueil, puis s'était aspergée d'essence avant d'allumer un briquet.

 

Malgré l'intervention d'agents de sécurité et d'accueil ainsi que d'un habitant, elle a été très gravement brûlée. Héliportée dans un centre pour grands brûlés à Lille, elle n'a pu être sauvée. Son décès a été prononcé jeudi à 15H00.

 

Cette femme avait d'abord été hébergée par le 115 dans un hôtel dans le Val-de-Marne puis à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, a indiqué la mairie de Saint-Denis. Elle avait déposé une demande de logement en 2009 auprès de cette ville.

 

La mairie dénonce "un drame du mal-logement". Cette femme était par ailleurs dans une situation familiale très compliquée, selon plusieurs sources.

 

ctx/mm/df

 

La Croix lundi 20 février 2012

 

L'inextricable situation du mal-logement à Saint-Denis

 

Une femme en demande de logement s'est immolée par le feu dans le hall de la mairie de Saint-Denis. Une centaine de manifestants ont dénoncé, samedi, la pénurie de logements, les expulsions et l'habitat indigne en Seine-Saint-Denis.

 

Elle s'appelait Ecaterina, avait 38 ans, elle était mère de trois jeunes enfants. Elle s'est donné la mort par désespoir, excédée par dix ans de vie d'errance, en s'immolant par le feu, mercredi dernier, dans le hall de la mairie de Saint-Denis. Expulsée d'un squat il y a quelques mois, elle était logée à l'hôtel, avec la crainte de se retrouver de nouveau à la rue d'ici à la fin de la trêve hivernale.

 

Cet acte d'une extrême violence n'est pas un cas isolé dans la ville, où les tensions liées au mal-logement se sont accrues avec la crise. En 2007, un homme avait déjà voulu se suicider dans la mairie pour des raisons analogues. Le 11 mars dernier, un autre homme sans domicile, heureusement secouru à temps par des agents de la ville, avait également tenté de mettre fin à ses jours. À Saint-Denis, 6 000 demandes de logements ne sont pas satisfaites, selon les données transmises par la mairie, pour une ville comprenant 110 000 habitants. En outre, 1 500 procédures d'expulsion d'habitants, vivant majoritairement dans des logements insalubres du quartier de la gare, sont annoncées à partir du 15 mars, date de fin de la trêve hivernale.

 

La commune, qui compte déjà 47 % de logements sociaux, n'est pas la seule à être dépassée dans le département. Selon le dernier rapport Dalo, la Seine-Saint-Denis accuse des retards face à l'obligation légale et humanitaire de l'hébergement dans 64 % des cas. « L'offre en solutions de mise à l'abri n'est pas du tout à la hauteur. Avec l'explosion du chômage et du travail précaire, de plus en plus d'habitants ne répondent plus aux critères de ressources pour accéder à une HLM et se réfugient dans des squats », explique Amel Dahmani. Employée de la ville et membre du syndicat SUD, elle redoute de nouveaux drames.

 

Depuis le 7 décembre dernier, une trentaine de personnes expulsées ont installé un campement face à la mairie. Pour les soutenir, un collectif composé entre autres de l'Église catholique, du CCFD et du DAL (Droit au logement) a organisé samedi une mobilisation. « Nous demandons des solutions immédiates pour ces personnes et d'anticiper sur des expulsions qui d'ici à la fin du mois mettront d'autres familles à la rue », tonne un des organisateurs, Étienne Penissat. Le mouvement réclame notamment à la préfecture la réquisition des logements vides de la ville pour répondre à l'urgence.

 

JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS

 

Le Parisien Val-de-Marne samedi 18 février

 

Saint-Maur dit non aux « 30% de Sarkozy »

 

Laissez-nous gérer nos constructions de logement! C'est l'esprit du voeu adopté jeudi soir au conseil municipal de Saint-Maur : les élus devaient se prononcer contre « la densification massive et uniforme » imposée d'en haut. A savoir, les conseils régional et départemental, l'Etat, les candidats à l'élection présidentielle... et celui qui ne l'était pas encore, Nicolas Sarkozy, lorsqu'il a proposé une augmentation de 30% du coefficient d'occupation des sols (COS) fin janvier.

 

« Il devient difficile de préserver la singularité et le caractère de Saint-Maur. C'est le principe même de la libre administration des communes qui est remis en cause », s'est indigné le député-maire (UMP), Henri Plagnol, candidat à sa réélection aux législatives de juin. Et de citer les « pressions » financières que subit la commune. Pour le dire clairement, Saint-Maur veut rester Saint-Maur. « Toutes ces pressions sont aberrantes. C'est comme si nous devions tous passer sous une toise. Notre commune a une histoire qui s'accommode mal avec cette uniformisation », selon Sylvain Berrios, adjoint à l'urbanisme.

 

Dans l'opposition, les dents grincent. « Toutes les manoeuvres sont bonnes pour ne pas construire et refuser la solidarité », a soutenu le communiste Guy Deloche. « Encadrons la loi et privilégions le logement social », a défendu Philippe Rosaire (PS).

 

Et la population, qu'en pense-t-elle? Sylvia, commerçante du côté de la gare RER de Champigny, « aime Saint-Maur parce qu'il n'y a pas de cités. Ici, c'est très beau, les maisons sont anciennes, les promenades sont agréables ». Alors pour elle, la construction de logements, c'est non. Marie-Claude, elle, trouve ça normal, vu le déficit qu'accuse l'Ile-de-France : « Entre des tours et rien du tout, il y a un compromis à trouver, sourit cette habitante de longue date. Il y a quelques zones en déshérence où l'on pourrait construire de manière raisonnable. » C'est le sens du contrat de mixité sociale qu'a signé la commune avec l'Etat, cette semaine, dans l'optique d'augmenter le nombre de logements sociaux. La loi SRU en impose 20%; en juillet 2011, Saint-Maur en était à 6,56%.

 

ELSA MARNETTE

 

06.01.2012

Pour l'UMP, la rue plutôt que le camping

l'Humanité mercredi 4 janvier

 

 

Adoptée en première lecture à l'Assemblée, une proposition de loi sur l'habitat léger de loisir renforce l'interdiction de vivre en camping à l'année. Sans proposer de relogement.

Retraités, étudiants, jeunes couples ou quinquas esseulés, ils seraient entre 70 000 et 120 000 à séjourner au camping à plein temps. Leur point commun : l'aridité de leur compte en banque, si toutefois ils en ont un. Si le camping à l'année présente certains atouts - convivialité, proximité de la nature, peu de ménage, pas d'escaliers -, il est surtout adopté pour son faible coût, la parcelle revenant au minimum deux fois moins cher qu'un studio. Certains de ces habitants précaires s'épargnent ainsi quelques fraîches nuits sous les ponts. Évidemment, tous n'ont pas les moyens de se payer un mobil-home cinq étoiles, et le plus clair du temps, le confort est loin d'être optimal. Problèmes d'isolation, chauffage et sanitaires inadaptés pèsent chaque jour un peu plus sur la santé de ces campeurs hivernaux. Pour Jean-Louis Léonard, député UMP de Charente-Maritime et initiateur de la proposition de loi sur l'habitat léger de loisir, ce mode de vie s'apparente fort à celui des bidonvilles, et doit donc être éradiqué. Un objectif louable... du moins en apparence.

La proposition de loi prévoit de renforcer les pouvoirs d'inspection et de contrôle du maire sur les campings privés de sa commune. Ce dernier pourrait désormais saisir la justice en cas de pratiques illégales et moduler la taxe de séjour en fonction de l'usage des emplacements. Tous les trois mois, le résident « long séjour » devra, quant à lui, attester d'une autre résidence principale au propriétaire du terrain. D'après Jean-Louis Léonard, « les campings doivent être tournés vers le tourisme » et leurs directeurs ne sont pas là pour « exploiter la misère humaine ».

« Ni pour faire du social », rétorquent, outrées, les défenseurs du droit au logement. « Ils vont les mettre où ces gens ? » interroge Clément David, de l'association Habitants de logements éphémères ou mobiles (Halem). Pas de logements sociaux à l'horizon pour les plus pauvres. Pas plus de terrains familiaux pour ceux qui veulent continuer à habiter en pleine nature. « Ce qui est en jeu, au-delà de la plus-value immobilière d'un territoire, c'est la question du contrôle des populations », conclut Paul Lacoste, lui aussi administrateur d'Halem. Ce projet, adopté à l'unanimité par l'Assemblée, doit désormais être examiné par le Sénat en février.

Flora Beillouin

 

(source : Cour des comptes)

 

16.11.2011

La nuit des Sans Abris dans Val Hebdo...

Edition du jeudi 17 novembre 2011 from Conseil général Val-de-Marne on Vimeo.